La Ville

Présentation de Saint-Leu

Située à l’ouest de La Réunion, entre les communes de Trois-Bassins et des Avirons, la ville de Saint-Leu fait partie du Territoire de la Côte Ouest (TCO), l’intercommunalité qui comprend également les villes de la Possession, du Port, de Saint-Paul, de Trois-Bassins.

Le territoire communal qui s’étend du battant des lames au sommet des montagnes, demeure très attractif par la beauté de ses paysages, la diversité de ses activités à la fois économiques, sportives, culturelles et son cadre de vie réputé fort agréable.

La commune de Saint-Leu a connu un développement important, la croissance démographique est soutenue, ce qui a nécessité des efforts conséquents pour adapter les infrastructures liées (logements, réseaux routiers, équipements, …).

Se posent désormais des enjeux nouveaux, la volonté de maintenir un cadre de vie agréable, la prise en compte des aspects environnementaux, la valorisation du patrimoine, la défense de son authenticité, avec en ligne de fond, le maintien et le renforcement de la cohésion sociale.

Le projet politique de la mandature actuelle fait la part belle à l’amélioration du quotidien des citoyens : un défi environnemental à relever ensemble, une ville partenaire de vie, une ville authentique et unie.

Sur le plan de l’aménagement, la volonté politique affichée est celle d’un développement harmonieux, qui prenne en compte les singularités de chaque espace. L’authenticité des quartiers des hauts est à préserver et à valoriser ;

sur le littoral, la pression urbaine est à limiter ; sur les mi-pentes, qui ont connu une forte poussée démographique, l’émergence de nouveaux équipements doit se poursuivre, se joue aussi des enjeux forts de cohésion sociale, là même où se trouve le quartier prioritaire de la Ville.

La municipalité a également à cœur de travailler avec l’ensemble des partenaires, dans une union sacrée des énergies, en faveur du développement raisonné du territoire et en faveur des habitantes et des habitants de Saint-Leu.

Commune bilingue Créole réunionnais – Français 

Depuis 2022, à la suite de la signature d’une convention avec Lofis la Lang Kréol, la Ville de Saint-Leu est devenue commune bilingue. Le créole et le français sont utilisés dans les services et par les élus ; possibilité d’effectuer les mariages et baptême républicain en créole ou en français ; les créations réunionnaises sont mises en avant au sein des médiathèques et la Ville soutient la création de classes bilingues sur son territoire.

Plage labellisée « Pavillon bleu »

Depuis mai 2022, la plage du Centre est labellisée « Pavillon bleu ». Ce label valorise les communes qui mènent une politique de développement touristique durable. 

La labellisation reconnaît entre autres : la qualité des eaux de baignade jugée excellente ; la politique environnementale renforcée sur la plage qui dispose d’ailleurs d’une Aire Marine Éducative (AME) gérée par la classe élémentaire de l’école du Centre ; l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ; …

C’est un label exigeant qui garantit à tous de profiter des joies de la plage tout en limitant l’impact de ces activités sur l’environnement. Ce travail est le résultat de l’engagement de longue haleine, d’un ensemble d’acteurs, des institutionnels aux riverains en passant par les agents municipaux. Il est demandé à chaque usager de respecter ce lieu fragile. 

L’histoire de Saint-Leu

Les origines de Saint-Leu (de la fin du 18ème au milieu du 19ème)

Longtemps appelé Boucan (cabane, abri en créole) Laleu ou Repos Laleu, du nom de son premier résident Monsieur Laleu, cette région de l’île a été progressivement peuplée au cours du 18ème siècle, dans le mouvement d’expansion de la culture du café et des épices. Le territoire devient paroisse en 1776 sous le nom de Saint-Leu, puis classé en commune en 1790.

Réputée durant le 18ème siècle pour l’importance et la qualité de sa production de café et de bœufs, la commune connaît une certaine prospérité et abrite un nombre élevé d’esclaves. Saint Leu reste dans l’histoire réunionnaise comme le lieu de la seule révolte notable d’esclaves en 1811.

L’importance de la production de café fait que Saint-Leu ne participe pas immédiatement à l’essor de la canne et du sucre. Toutefois, comme partout dans l’île, l’économie de plantation cannière remplace totalement, dans la décennie 1840-1850, celle reposant sur les épices et le café, dont il ne reste aujourd’hui pratiquement que le souvenir.

Pendant les deux premiers siècles de l’installation des habitants, Saint-Leu a vu apparaître plusieurs infrastructures dont l’église de la Salette (construite en 1859), qui abrite un événement annuel (entre le 15 et le 24 septembre) en l’honneur de Notre-Dame de la Salette.

L’histoire de Notre Dame de la Salette

En mars 1859, un navire nommé Mascareigne mouille à Saint-Denis avec à son bord des travailleurs Africains. Ces derniers sans le savoir, ont ramené avec eux une terrible épidémie de choléra. Les ravages de cette épidémie se sont instantanément fait ressentir, d’abord dans le chef-lieu de l’Île puis le long de la côte ouest. Saint-Louis a été touché et dès lors, les Saint-Leusiens se sont demandé quand sera leur tour.

Le curé de l’époque, Père Sayssac, qui avait été ordonné prêtre le jour de l’apparition de la Vierge à la Salette en Isère (aussi appelée Notre Dame de la Salette), promet publiquement, si la ville est épargnée du choléra, de faire ériger sur le versant de la montagne qui entoure Saint-Leu, une chapelle en l’honneur de Notre-Dame de La Salette.

Son vœu fut exaucé comme l’attestent les archives de l’époque. De plus, à plusieurs reprises, des malades sont venus mourir à Saint-Leu sans que l’épidémie ne s’y répande. Au total 2700 personnes ont été victimes de cette épidémie et pas un seul habitant de Saint-Leu n’a été touché.

Depuis, la chapelle est considérée comme sacrée et protectrice.

Aujourd’hui, on grimpe à la chapelle en suivant un chemin pavé qui monte de la place de l’Église jusqu’au chemin Diale.

Le développement (fin XIXème)

Après l’abolition de l’esclavage en 1848, l’activité économique et sociale de Saint-Leu se stabilise et s’organise en fonction du relief et du climat.

Le littoral offre quelques ressources de la mer : la petite pêche à partir de l’abri du lagon, la chaux tirée des blocs de coraux, les salines de la Pointe au Sel. L’océan permet surtout l’import-export.

L’immédiat arrière-pays offre peu de possibilités d’installation et d’activité en raison de la sécheresse des lieux et des pentes souvent fortes, c’est le domaine de la savane.  Au-delà, plus haut, les pluies moins rares et le sol plus généreux autorisent sur une large bande la culture de la canne ce qui justifie plusieurs usines sucrières locales (Stella Matutina, Portail).

Enfin dans les parties hautes, arrosées et fraîches, la forêt puis les landes apportent leurs ressources propres : des terres pour les cultures vivrières et pour le géranium aromatique.

Vers 1880, la modernisation des transports produit ses effets à la Réunion. Avec le creusement d’un port en eaux profondes à la Pointe des Galets et l’installation d’une voie ferrée littorale allant de Saint-Benoît à Saint-Pierre, la gare de Saint-Leu va rendre obsolètes les chargements de sucre et les déchargements de marchandises par chaloupes.

L’organisation du territoire (fin XIXème à fin XXème)

La commune de Saint-Leu est organisée pour plusieurs dizaines d’années, de 1890 à 1960, en plusieurs espaces de vie comprenant :

-Une agglomération littorale assez peu peuplée, dotée de la mairie, de la gare et de quelques autres attributs centraux.

– Une zone d’habitat de basse altitude, allant de Stella à Piton.

– Plus haut encore se trouve Portail qui est située sur la route de mi-pente en zone cannière, dite route Hubert Delisle, sur laquelle se trouve une bonne partie de la population, dans des quartiers comme La Chaloupe, Le Plate…

Les temps modernes

L’abandon du transport ferroviaire (à voie étroite ou ti’train) puis la fermeture en 1978 de la dernière usine sucrière locale (Stella Matutina) vont plonger les Bas de Saint-Leu dans une inactivité, très perceptible à la fin des années 70.

Ce sont la transformation des modes de vie et le développement de l’activité touristique qui vont contribuer au réveil du centre-ville : l’attrait d’une baie plaisante et le charme d’une agglomération peu transformée suscitent un flux d’installation de résidents et d’investissements hôteliers ou de restauration avec les commerces et services associés.