Clap de fin sur la 26ème édition du Leu Tempo Festival ! Du 6 au 9 mai, Saint-Leu a vibré au rythme du spectacle vivant : de la Ravine au front de mer, du gymnase au Parc du 20 Décembre, le théâtre, la danse, la musique et les arts du cirque ont envahi chaque recoin de la ville pour le plus grand bonheur des festivaliers.
La Réunion en scène — une part belle aux créations locales
Cette édition a tenu sa promesse de faire rayonner le talent d’ici. Sept compagnies réunionnaises ont investi rues, places et auditoriums, portant haut la vitalité de la création andémik.
Mokado (conte créole & magie) Cie Zopiok — 90° (danse verticale) Cie 3.0 — Tinn Tout’ ! (cirque & musique live) Cie Ziguilé — Uysse (à peu près) (théâtre d’objets) Cie Tamam
Pièce de Bus (danse contemporaine)· Cie Morphose — La Sieste — musique & illustration · Hountondji / Gueyfier — Kozé Konté — contes créoles sous le badamier
Du conte créole de Romuald Solesse dans Mokado aux trois danseuses baudriers de 90° défiant les façades du gymnase, des acrobaties poétiques de Tinn Tout aux objets vivants de la Cie Tamam — et les comtes drôles et participatifs du Kozé Konté (J.B Ifanohiza, Sully Andoche et Josie Virin), chaque compagnie a offert un regard unique, profondément ancré dans ce territoire. Le spectacle Ça-Turne nous a époustouflé avec ses acrobaties dans une mise scène poétique et hypnotique.
L’Arrosoir, site emblématique pour nos marmailles installé dans la kour lékol du centre, a quant à lui donné toute sa place à la créativité et à l’expérimentation : l’artiste Julia Ostan y a éveillé la curiosité des enfants autour des abeilles et d’une ménagerie que vous pouvez encore découvrir en exposition à l’Hôtel des Postes.
Concerts & village du festival — 100% féminin, 100% péi
Dans le Parc du 20 Décembre, la Scène Amatèranlèr a rassemblé associations et écoles fières de partager leur travail artistique, et la Battle Hip-Hop a fait son grand retour. Côté concerts, le festival a tenu un pari fort et assumé : une programmation quasi intégralement féminine et réunionnaise. Emma Nona, Nagaï, Gaïa Elsey, Taba !, Emy Potonié et Sueilo ont offert six univers musicaux aussi différents que fièrement féminins. Derrière les platines, DJ Mowgli, Nyna Curtis et Mother Luna ont enchaîné des sets endiablés. Et côté masculin, DJ Studiolacaz et le jeune et dynamique DJ Vann ont su tenir leur rang avec brio.
La Fèt dann somin — 38e édition, et toujours cette magie
Samedi soir, la rue est redevenue ce qu’elle devrait toujours être : un espace de fête, de liberté et de partage. Plus d’un millier de participants ont défilé aux côtés des grandes formes lumineuses de la Cie Des Quidams — les chevaux ivoires et flamboyants de FierS à Cheval ont métamorphosé la nuit sous le beau thème des Animaux Marins. Associations, familles, riverains : Saint-Leu tout entier dans la rue pour célébrer !
Le grand Ron Maloya — le moment qui a tout embrasé
Mais le vrai point d’orgue de la soirée était encore à venir. Dès 21h, sur le parvis de la Mairie, trois associations saint-leusoises ont lancé un grand Ron Maloya qui restera longtemps dans les mémoires :
Tribal Maloya- Bwa Dnef’ Inn- ASL Zac Portail
C’était un véritable rassemblement. Le maire et les élus, côte à côte avec le public, ont « krazé in bon labians ek nout zarboutan spirituels », retrouvant ensemble la force de nos racines dans une énergie fraternelle et intense, impossible à décrire, à seulement ressentir.
Ce Ron Maloya résonnait comme un hommage vibrant aux 25 ans de la loi Taubira — cette loi du 10 mai 2001 qui a reconnu la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, rendant à l’histoire sa dignité et à leurs descendants une part de leur mémoire.
Saint-Leu, terre de mémoire et de résistance
Ce n’est pas un hasard si ce moment a eu lieu ici. Saint-Leu est le seul endroit de La Réunion où une révolte d’esclaves a éclaté — celle menée par Eli et ses compagnons, dont l’acte de résistance reste gravé dans l’identité profonde de cette ville. Kraz in ron maloya sur cette même terre, c’est faire parler l’histoire, lui donner voix, corps et rythme.
Comme l’a rappelé Monsieur le Maire, c’est par la culture et la mémoire que nous développons notre résistance au monde superficiel et pour reprendre ses mots : « La culture est un droit. La culture est une rencontre. La culture est une force capable de rassembler un peuple. Et dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui — un monde où tout va vite, où les gens se parlent de moins en moins, où les écrans remplacent parfois les regards — des festivals comme Leu Tempo deviennent essentiels. Parce qu’ils recréent du lien humain. Ils nous rappellent qui nous sommes« .
Karim Juhoor n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage à Baguett’ dans son discours prononcé à la fenêtre du club d’escrime ; lieu emblématique du lancement de la Fèt Dann Somin : « Baguett’, c’était plus qu’un artiste populaire. C’était une énergie. Une voix. Un visage du peuple. Avec son humour, son créole, sa manière unique de raconter la vie réunionnaise, il faisait rire… mais derrière le rire, il y avait toujours quelque chose de plus profond : notre manière d’être ensemble. »
Un immense merci à nos partenaires : le Séchoir, DAC OI, TO, Région Réunion, les professeurs et agents de l’Éducation nationale, les associations, les bénévoles et l’ensemble des artistes de cette édition 2026 sans oublier les agents municipaux mobilisés tout au long du festival.
Nartrouv en 2027 pour une édition encore plus étonnante ! Toutes les photos sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/saintleu.re/posts/pfbid024WtuFrrF6ii2M5qKpAzzDapQkPF5Wj7n3SX9Y2JaqPJWGeXmhHRRRSZjwAbEanCbl

